Un premier rendez-vous ne se prépare pas en écrivant une liste de questions ni en imaginant à l’avance tout ce que l’on va dire. Pour moi, bien préparer un premier rendez-vous, c’est avant tout créer les bonnes conditions pour être réellement disponible à l’autre. C’est d’ailleurs une partie importante de mon travail lorsque j’organise une rencontre entre deux adhérents : je prépare le cadre, le lieu et l’heure, mais je souhaite ensuite laisser suffisamment de place à la spontanéité. Une rencontre sérieuse ne peut pas être entièrement programmée.

Au fil des années et des nombreux rendez-vous que j’ai organisés en Bretagne, de Quimper à Concarneau, de Brest à Lorient ou Vannes, j’ai constaté que des détails apparemment anodins pouvaient avoir beaucoup d’importance. Arriver fatigué, être pressé par un autre rendez-vous, surveiller sa montre parce qu’il faut récupérer un enfant, être préoccupé par son chien ou vouloir absolument poser les dix questions préparées la veille empêche tout simplement d’être pleinement présent. Or, lorsqu’on souhaite réellement rencontrer quelqu’un, ce premier rendez-vous mérite qu’on lui accorde du temps.

Prévoir du temps et se rendre réellement disponible

Lorsque j’organise un premier rendez-vous, je conseille toujours de prévoir suffisamment de temps. Certaines rencontres durent une heure, d’autres trois heures, et il m’est arrivé très souvent que deux personnes restent ensemble cinq heures ou davantage parce qu’elles avaient beaucoup de choses à se dire et tout simplement plus envie de se quitter. On ne peut évidemment pas prévoir que cela se produira. Mais il serait dommage de devoir interrompre un très bon moment parce que l’on a programmé autre chose une heure après.

Je déconseille donc les rendez-vous coincés entre deux impératifs. Pour les personnes qui ont encore des enfants à charge, il vaut mieux s’organiser pour qu’ils soient gardés ou pris en charge. Ce n’est pas le moment de prévoir de récupérer son enfant à l’école une heure après le début de la rencontre ou de devoir regarder constamment sa montre parce qu’il faut l’accompagner chez l’orthodontiste. Lorsque l’on prend le temps de rencontrer quelqu’un, on choisit autant que possible un moment où l’on est libre et disponible.

Il en va de même pour les animaux. On ne vient pas à un premier rendez-vous avec son chien, à moins évidemment d’une situation particulière qui le nécessite. Je me souviens notamment d’une rencontre organisée à Sainte-Marine où un monsieur était venu avec son chien. Au lieu de pouvoir profiter tranquillement de la promenade et découvrir la femme que je lui avais présentée, il passait son temps à appeler son animal, à lui courir après parce qu’il partait d’un côté puis de l’autre et à surveiller ce qu’il faisait. Son attention était davantage portée sur son chien que sur son rendez-vous. Le laisser dans la voiture n’aurait évidemment pas été une solution non plus, notamment lorsqu’il fait chaud. Là encore, mieux vaut anticiper et faire garder son animal pour pouvoir être vraiment disponible.

Il faut également tenir compte de son état de fatigue. Organiser une rencontre directement après une grosse journée de travail n’est pas toujours la meilleure solution. On arrive parfois avec les préoccupations professionnelles encore en tête et pas nécessairement au meilleur de sa forme. Lorsque c’est possible, mieux vaut avoir le temps de rentrer chez soi, prendre une douche, changer de vêtements, souffler un peu et passer mentalement de sa journée professionnelle à ce moment personnel.

Être soigné sans se transformer pour l’occasion

Se préparer physiquement ne signifie pas se déguiser ni en faire trop. Il s’agit simplement d’être propre, soigné, de sentir bon et de porter des vêtements dans lesquels on se sent bien. Cela peut paraître évident, mais la première impression existe. Faire attention à sa présentation signifie aussi montrer à l’autre que l’on accorde de l’importance à cette rencontre.

Je préfère largement quelqu’un de naturel et soigné à quelqu’un qui ne se ressemble plus parce qu’il a voulu produire une impression extraordinaire. Il n’est pas nécessaire non plus de choisir un restaurant de luxe à Quimper ou une adresse particulièrement sophistiquée pour qu’un premier rendez-vous soit réussi. Le lieu doit surtout permettre de parler et de se découvrir dans de bonnes conditions.

C’est la raison pour laquelle j’aime organiser une petite promenade avant de prendre un café, un thé ou un verre. À Concarneau, Bénodet ou Sainte-Marine, par exemple, marcher au bord de l’eau permet souvent d’entrer beaucoup plus naturellement dans la conversation. La même chose peut se faire dans un environnement agréable autour de Lorient ou de Vannes. Lorsque je travaille avec des personnes plus éloignées, notamment vers Brest et le Finistère Nord, le principe reste le même : je recherche avant tout un endroit agréable et suffisamment calme pour permettre une vraie conversation.

La tenue doit donc être adaptée à ce que l’on va réellement faire. Si une promenade est prévue le long de la mer ou sur une jetée, les talons aiguilles ne sont probablement pas le meilleur choix. Cela ne signifie pas qu’une femme doive arriver en chaussures de randonnée. On peut être élégante, y compris avec des talons, tout en portant des chaussures avec lesquelles on peut marcher confortablement. Et en Bretagne, particulièrement lorsque l’automne arrive, regarder la météo et prévoir une veste ou un parapluie relève simplement du bon sens.

Puisque l’on marche, il faut aussi penser à quelque chose de très simple : marcher ensemble. Il m’est déjà revenu après certains rendez-vous que l’un des deux marchait plusieurs mètres devant et que l’autre devait accélérer pour le suivre. Une promenade à deux n’est pas une épreuve sportive. Homme ou femme, on adapte naturellement son allure à celle de l’autre, on marche à ses côtés et on ralentit si nécessaire. Ces petites attitudes peuvent sembler insignifiantes, mais elles témoignent déjà de l’attention que l’on porte à la personne qui nous accompagne.

À L’Agence L’Oasis, je prépare le rendez-vous pour laisser davantage de place à la rencontre

Dans mon agence de rencontres sérieuses, les personnes que je présente n’ont pas à organiser elles-mêmes leur première rencontre. Je choisis le lieu, nous convenons de l’heure et je transmets le numéro de téléphone peu de temps avant le rendez-vous, généralement entre une demi-heure et deux heures auparavant selon la distance que chacun doit parcourir. Le numéro sert essentiellement à pouvoir se retrouver et à prévenir en cas d’imprévu.

Cette organisation est volontaire. Les deux personnes n’ont pas à passer plusieurs jours à échanger avant de se voir ni à se demander qui doit choisir le lieu. Elles savent simplement où et quand elles vont se rencontrer. Mon travail consiste à préparer les conditions de cette rencontre ; le leur commence véritablement lorsqu’elles se retrouvent face à face.

Je ne donne pas non plus une description extrêmement détaillée de la personne qui va être rencontrée. Là encore, c’est un choix issu de mon expérience. Certaines personnes voudraient tout savoir avant le rendez-vous : davantage de détails sur le physique, le parcours, les habitudes ou la personnalité. À force de vouloir accumuler les informations, elles finissent parfois par construire mentalement la personne avant même de l’avoir vue.

Or, plus on donne de détails, plus on crée une représentation. Et cette représentation peut provoquer une déception simplement parce que la personne réelle ne correspond pas exactement à l’image que l’on avait fabriquée. À l’inverse, ne pas tout savoir permet aussi la bonne surprise.

Lorsque nous faisons une rencontre dans la vie quotidienne, personne ne nous remet auparavant une fiche descriptive. Nous découvrons progressivement une voix, un sourire, une façon de parler, une gestuelle, un humour, un regard, une présence. C’est cette part naturelle de la rencontre que je souhaite conserver, même dans le cadre organisé d’une agence de rencontres. Bien entendu, mon travail en amont consiste à connaître les personnes, leurs attentes et leur projet de vie afin de proposer une rencontre qui présente une cohérence. Mais cohérence ne signifie pas tout dévoiler avant même que les deux personnes se soient dit bonjour.

Préparer les conditions de la rencontre, pas son scénario

C’est probablement l’un des conseils les plus importants que je puisse donner : ne préparez pas votre conversation.

Ne passez pas les heures précédant le rendez-vous à établir mentalement la liste de tout ce que vous devrez demander : «  Il faut que je sache cela », « Il ne faut pas que j’oublie de lui demander ceci  », «  Je veux absolument connaître son avis là-dessus avant de repartir ». Certaines personnes vont jusqu’à noter leurs questions et relisent leur liste en attendant l’arrivée de l’autre.

Une première rencontre n’est ni un entretien d’embauche ni un interrogatoire policier.

Une conversation doit pouvoir se construire naturellement. La personne raconte quelque chose, cela entraîne une question, un souvenir, un autre sujet. Vous rebondissez sur ce qu’elle vient de dire, elle vous interroge à son tour et progressivement l’échange se crée. C’est justement cela qui est intéressant : découvrir si la conversation circule naturellement entre deux personnes.

Lorsque l’on arrive avec une liste mentale de critères et de questions à vérifier, on risque de ne plus vraiment écouter. On attend la réponse pour pouvoir passer à la question suivante. Et pourquoi faudrait-il tout savoir au premier rendez-vous ? Si vous oubliez de demander quelque chose et que vous avez envie de revoir la personne, vous aurez justement une prochaine rencontre pour continuer à la découvrir.

Il faut également accepter que les premières minutes puissent être un peu maladroites. Une personne peut être parfaitement à l’aise dans sa vie professionnelle et se sentir intimidée lorsqu’elle rencontre quelqu’un dans un contexte amoureux. L’autre peut ressentir exactement la même chose. Il faut parfois simplement quelques minutes pour briser la glace.

Inutile pour autant de vouloir se détendre artificiellement avant le rendez-vous avec un verre d’alcool ou en fumant juste avant de retrouver la personne. Une haleine alcoolisée ou une forte odeur de cigarette ne favorisent pas particulièrement une bonne première impression. Une promenade, quelques mots simples et un peu de temps suffisent généralement pour que chacun se détende.

Dire bonjour, utiliser le prénom et laisser la proximité s’installer naturellement

Que fait-on lorsque l’on aperçoit la personne pour la première fois ? Faut-il immédiatement lui faire la bise ? Pour moi, non. On rencontre quelqu’un que l’on ne connaît pas encore. Un sourire et un bonjour chaleureux suffisent parfaitement.

Pour le tutoiement, l’homme peut simplement demander à la femme si elle souhaite que l’on se tutoie. Il n’y a rien de compliqué à demander. De même, après un rendez-vous qui s’est très bien passé, si l’on souhaite se faire la bise au moment de se quitter, un simple « On se fait la bise ?  » permet de vérifier que l’autre est à l’aise avec cette proximité.

Il existe aussi un détail auquel on ne pense pas forcément : utiliser le prénom de la personne. Un adhérent m’a un jour fait une remarque qui m’a interpellée. Après plusieurs rencontres, il avait constaté qu’aucune des femmes qu’il avait rencontrées ne l’avait appelé une seule fois par son prénom. Elles lui disaient « vous » ou « tu », mais jamais son prénom.

Il ne s’agit évidemment pas de répéter artificiellement le prénom toutes les trois phrases. Mais appeler naturellement quelqu’un par son prénom personnalise l’échange. Nous ne sommes plus simplement face à « l’homme que l’agence m’a présenté » ou «  la femme que je rencontre aujourd’hui  ». Nous sommes face à une personne bien réelle. Dans un premier rendez-vous, ces détails participent aussi à la création d’une proximité.

Ne venez pas rencontrer votre passé

Nous arrivons tous à une nouvelle rencontre avec une histoire. Certaines personnes ont connu une séparation difficile, d’autres ont accumulé les déceptions sur les sites ou les applications de rencontres. Certaines ont déjà fait appel à une autre agence, d’autres ont simplement connu plusieurs rendez-vous qui n’ont pas abouti. Cette expérience existe et il ne s’agit pas de l’effacer.

Mais la personne qui se trouve devant vous n’est responsable d’aucune de vos expériences précédentes.

Il faut donc éviter d’arriver en pensant que «  les hommes sont toujours comme ceci  » ou que «  les femmes finissent toujours par faire cela ». On ne cherche pas dans chaque phrase ou chaque attitude le signe qui prouverait que cette personne ressemble à l’ex ou à quelqu’un que l’on a rencontré quelques mois auparavant. L’expérience doit nous apprendre certaines choses, mais elle ne doit pas transformer chaque nouvelle rencontre en exercice de méfiance.

Je conseille d’aller au rendez-vous avec une idée beaucoup plus simple : aujourd’hui, je vais rencontrer une personne.

Pas nécessairement « la personne  ». Si elle le devient, ce sera la cerise sur le gâteau. Mais il n’est pas nécessaire de décider dans les cinq premières minutes si l’homme ou la femme que l’on vient de rencontrer pourrait partager les vingt prochaines années de notre vie.

Il faut également éviter de monopoliser la parole ou, à l’inverse, d’enchaîner les questions. Écouter véritablement, rebondir sur ce que l’autre raconte, parler de soi sans raconter toute sa vie et laisser la conversation respirer permettent souvent d’en apprendre beaucoup plus sur quelqu’un qu’un questionnaire parfaitement préparé. Quant au téléphone, sauf urgence particulière, il peut rester en silencieux dans la poche ou dans le sac. Pendant ce moment, la personne qui mérite notre attention est celle qui se trouve devant nous.

Un premier rendez-vous n’a pas à donner immédiatement toutes les réponses

Nous vivons à une époque où nous avons pris l’habitude de décider rapidement. Une photographie nous plaît ou nous passons à la suivante. Un profil correspond à nos critères ou nous continuons notre recherche. Cette façon de sélectionner, particulièrement présente sur les sites et applications de rencontres, peut finir par influencer notre comportement lorsque nous rencontrons réellement quelqu’un.

Mais une personne ne se résume pas aux quelques secondes pendant lesquelles nous la regardons arriver. Il y a sa voix, son regard, sa façon de rire, sa gestuelle, sa manière d’écouter, son humour et ce que l’on ressent progressivement en sa présence. Certaines attirances sont immédiates. D’autres ont besoin d’un peu plus de temps.

Je ne demanderai jamais à quelqu’un de revoir une personne envers laquelle il ressent un véritable rejet ou avec laquelle il s’est senti mal. Mais entre le rejet et le coup de foudre, il existe énormément de nuances. Si le premier rendez-vous a été agréable, si la conversation était facile, si l’on s’est senti bien et qu’aucun élément essentiel n’a créé de rejet, une deuxième rencontre peut simplement permettre de découvrir l’autre avec moins d’appréhension et sans le poids des toutes premières minutes.

Se revoir n’est pas s’engager.

La question à se poser après une première rencontre n’est donc pas nécessairement : «  Est-ce l’homme ou la femme de ma vie ? » Elle peut être beaucoup plus simple : « Est-ce que j’ai envie de passer encore un peu de temps avec cette personne pour mieux la connaître ?  »

C’est aussi cela que j’essaie de préserver lorsque j’organise des rencontres à L’Agence L’Oasis, que mes adhérents vivent à Quimper, Concarneau, Bénodet, Brest, Lorient, Vannes ou ailleurs en Bretagne. Je prépare le lieu, l’heure et les conditions de la mise en relation. Je connais les personnes que je présente et je sais pourquoi j’ai souhaité les faire se rencontrer. Mais ensuite, je laisse de la place à ce qui ne peut justement pas être programmé : la conversation, le regard, le rire, la présence, l’envie de prolonger le rendez-vous et, parfois, celle de se revoir.

Bien préparer un premier rendez-vous, ce n’est donc pas préparer la rencontre à l’avance. C’est faire en sorte d’être disponible lorsqu’elle commence.

Et une fois le rendez-vous commencé ? Certaines attitudes peuvent favoriser l’échange, tandis que d’autres peuvent rapidement mettre l’autre mal à l’aise sans même que l’on s’en rende compte. Les sujets à éviter, la manière de parler de son ex, l’écoute, les questions trop personnelles, le téléphone, les allusions sexuelles, la façon de régler la consommation ou encore le comportement après la rencontre méritent un article à part entière. Ce sera donc le sujet d’un prochain article consacré à ce qu’il vaut mieux faire — et ne pas faire — pendant un premier rendez-vous.

Béatrice Paul
Fondatrice de L’Agence L’Oasis

Depuis 2016, j’accompagne des femmes et des hommes célibataires dans leur recherche d’une relation sérieuse et durable. À L’Agence L’Oasis, agence de rencontres sérieuses en Bretagne, j’organise personnellement les mises en relation et les premiers rendez-vous. Mon travail repose sur la connaissance des personnes, l’écoute de leurs attentes et une approche humaine de la rencontre, notamment dans le Finistère et le Morbihan, autour de Quimper, Concarneau, Bénodet, Brest, Lorient et Vannes.